Sortie à vélo sur le « Sentier Mémoire de la Résistance »

Le projet pédagogique Mon territoire à vélo a, cette année, été concrétisé mardi 10 juin par une sortie historique. Tout au long de la journée, les élèves de la classe de 2ᵈᵉ 2 ont parcouru l’itinéraire pensé par Jean-Pierre Sautonie.

Retour SommaireLe projet

« Mon territoire à vélo » possède deux finalités.

D’une part, il s’agit de faire découvrir aux jeunes, des lieux caractéristiques du territoire sur lequel ils vivent. L’année passée avec un site industriel en activité (distillerie de Paul Mouton), un autre rendu à la nature (carrière du lagon à Corgnac), une activité touristique patrimoniale (vélorail) ; cette année avec cette visite itinérante de lieux de mémoires portant sur les activités de la Résistance durant la IIe Guerre Mondiale.

D’autre part, il s’agit de permettre à ces élèves de prendre conscience, petit à petit, de leur « pouvoir de déplacement autonome » et de toutes les opportunités que cela leur ouvre : culture, sport, vie sociale, travail…

Retour SommaireL’objet 2025

Le « Sentier Mémoire de la Résistance » a été pensé par Jean-Pierre Sautonie, dans le cadre de son activité au sein de l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR). Après son décès, l’idée a été concrétisée par Patrick Grandchamp et Jean-Paul Bedoin. Ils ont tracé un circuit, accessible aux cyclistes de tous niveaux (entièrement sur route goudronnée), de 32 km, largement faisable à la journée. L’itinéraire retenu passe par quinze lieux de mémoire de diverse nature : Résistants fusillés, embuscade, crash aérien, domicile de Résistants déportés… Certains font partie du quotidien des habitants (la stèle à L’Âge sur le bord de la D76, la plaque commémorant Camille Bedin), d’autres en dehors des sentiers battus (le site du crash à La Morenchie…).

Retour SommaireLa concrétisation du projet 2025

Mardi 10 juin, les élèves de la classe de 2ᵈᵉ 2 du lycée Giraut de Borneil ont effectué la première réalisation de l’itinéraire cyclable « Sentier Mémoire de la Résistance ». Dans le cadre du projet pédagogique du lycée « Mon territoire à vélo », piloté par M. Bachellerie, professeur principal d’une classe de seconde (professeur d’EPS), les élèves ont parcouru les 32 km du circuit. Quinze lieux de mémoire ont parfois rappelé, souvent fait découvrir aux élèves des faits de guerre ou des personnalités ayant marqué les activités de la Résistance durant la Seconde Guerre Mondiale. L’encadrement des élèves était complété par un enseignant de physique-chimie (M. Prach), un assistant d’éducation (Romain Dumas, expérimenté, ayant lui-même vécu des séjours à vélo comme élève puis comme AED après des études en STAPS) et un membre bénévole de la communauté éducative (Thomas Delarue, également ancien élève formé en STAPS).

La connexion du lycée avec ce thème de travail est aisée : un hommage à Albert Faurel, ancien directeur de l’École Normale d’Excideuil, reconnu Juste Parmi Les Nations, est rendu dans l’enceinte de la cité scolaire : l’amphithéâtre porte son nom et comporte, au mur, une plaque commémorative que tous les collégiens et lycéens connaissent bien.

Nous avons bénéficié de toutes les explications utiles, en direct et en personne, de la part de Patrick Grandchamp (lui-même à vélo) et Jean-Paul Bedoin. Respectivement présidents du comité local et départemental de l’ANACR, ce sont eux qui ont mis en œuvre le projet pensé par M. Sautonie (en partie avec des pièces construites par les élèves de charpente du lycée de Chardeuil). La présentation orale de chaque lieu visité a rendu plus vivante cette visite itinérante. Les élèves ont ainsi découvert non seulement des lieux identifiés, mais aussi l’importance du travail de mémoire et de sa transmission à travers des initiatives comme celle de l’ANACR. La pause pique-nique, bienvenue par cette forte chaleur, a été accueillie par Gisèle Dupuy, belle-fille d’un Résistant dont les actions sont commémorées au lieu-dit Lalet (Coulaures).

Inauguration du Sentier Mémoire de la Résistance « Jean-Pierre Sautonie » par M. le Sous-Préfet Benoît Legrand, à Excideuil, vendredi 11 juillet 2025.

« Madame Sautonie, Madame le Maire d’Excideuil, Madame et Monsieur les Sénateurs, Mesdames et Messieurs les maires et les élus des communes concernées, Monsieur le Président de l’ANACR, Mesdames et Messieurs,

Tout d’abord permettez-moi d’excuser Jean-Philippe Sautonie, retenu par des obligations professionnelles au service de l’assemblée du conseil départemental, c’est-à-dire, dans la fidélité à son père et à ses propres convictions, au service de la démocratie.

C’est avec un profond respect que je participe à l’inauguration du sentier de la mémoire « Jean-Pierre Sautonie ».

Avec un profond et large respect car nos pensées vont aux Résistants morts pour la France, pour la liberté et pour la dignité, ainsi qu’à Jean-Pierre Sautonie, enfant du pays, élu local et homme de bien, disparu dans des circonstances tragiques.

Je sais que Jean-Pierre Sautonie vous a quittés avant d’avoir pu réaliser ce sentier de la mémoire qu’il avait pensé.

Les maires de Saint-Martrial d’Albarède, Saint-Pantaly d’Excideuil, Coulaures, St Jory Las Bloux, Saint Germain des Près et Excideuil lui rendent aujourd’hui hommage aux côtés de l’ANACR dont il était membre et qui a concrétisé ce sentier reliant quinze plaques, stèles, tombes et monuments aux morts qui jalonnent ces communes, dont le Bost Laporte auquel jean-Pierre Sautonie tenait tant.

Enfant du pays et de la guerre comme toute une génération, Jean-Pierre Sautonie s’inscrivait dans le temps long du travail de la terre, de la transmission du savoir et du savoir-faire comme dans celle des valeurs et de la mémoire.

Aussi, au-delà de la paternité de l’idée, je crois que ce sentier de la mémoire porte bien son nom et que Jean-Pierre Sautonie aurait été heureux et fier, lui qui avait été proviseur du lycée de Coulaures, d’apprendre que ce sentier a été inauguré, à vélo, par les élèves du lycée d’Excideuil dans le cadre d’un projet pédagogique.

A vélo, en effet car ce sentier est une piste cyclable de 32 km. Cela permet de prendre toute la mesure de la présence de la Résistance, de ses lieux de vie, de ses faits d’armes, de ses souffrances… Et de ses soutiens, car nous n’oublions pas les six aviateurs britanniques morts dans le crash de leur avion alors qu’ils étaient venus ravitailler le maquis de Bigorre. Présence d’une Résistance qui en effet résistait, partout, dans les bois, les hameaux et les villages, inlassablement, courageusement.

A vélo, pour un plus large accès aux secrets de cette terre de résistance, pour démocratiser cette culture historique et que nul ne puisse ignorer ce devoir de mémoire sans lequel les Résistants seraient comme assassinés une seconde fois, par l’oubli, après l’avoir été par les nazis et leurs supplétifs français – ne l’oublions pas.

A vélo aussi pour l’effort, parce que nous ne sommes pas quittes envers les Résistants parce que nous aurons fleuri une fois par un an une tombe, une stèle, un monument aux morts.

A vélo sans doute aussi parce que c’était leur moyen de transport le plus courant, économique et furtif…, silencieux et vite dissimulé dans un fourré. A vélo parce que pour des générations au siècle dernier, c’était un instrument de liberté et de joie au quotidien.

J’ai lu d’ailleurs que Jean-Pierre Sautonie était amoureux de la petite reine comme du ski.

Mais rien n’empêche de parcourir ce sentier mémoire de la Résistance à pied, plus lentement, plus profondément encore, chaque pas faisant résonner le passé dans une médiation du corps et de l’esprit tout à la fois, pour faire revivre en nous et ressentir l’engagement de ces Résistants luttant pied à pied contre l’ennemi.

Je salue ainsi toutes les initiatives et réalisations comme celle-ci : à Coulounieix-Chamiers, à Veyrines de Domme, peut-être bientôt également à St Martin de Fressengeas et aux alentours, peut-être aussi du côté de Mareuil.

Ce sont autant d’appels à un pèlerinage patriotique, républicain, humaniste – car la France est et doit rester une nation ouverte, dans la fidélité à ses valeurs.

On peut parler de pèlerinage car ces lieux de mémoire sont des lieux sacrés, que nous devons protéger, défendre parfois, honorer toujours.

Vive la mémoire de la Résistance, vive la République et vive la France ! »

A cette occasion également, un article de La Dordogne Libre (ci-dessous en PDF) évoque la sortie réalisée par la classe.

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Le développement de l’activité cycliste au lycée depuis trois ans a été rendu possible grâce à l’important soutien matériel et financier du SIVOS, de la Région Nouvelle Aquitaine et de la CCILAP.

Sentier Mémoire de la Résistance 2nde2 juin 2025

Le groupe au départ de la cité scolaire - Copie A L'Age, lieu d'une embuscade pour délivrer 4 Résistants prisionniers de la Milice - Copie Le site du crash d'un avion britannique à La Morenchie (Saint-Germain-Des-Prés) - Copie En milieu d'après-midi sous 34°, arrêt au pont de Veys (Coulaures) - Copie C.Bedin

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